Bio

" De la stratégie de l'effacement... Sur la pochette du disque*, quatre types photographiés dans un terrain vague. Le premier, le plus grand, résolument rustre, tourne le dos. Les trois autres font face à l'objectif mais ne sont guère plus identifiables : ils ont opté pour de peu souriantes cagoules. "Qui on est, on s'en fout ! nous explique l'un d'eux au téléphone."
Télérama 2008


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Spoke Orkestra voit le jour en 2004. Dans les troquets de l'est parisien, la poésie sauvage des scènes slam n'est à l'époque le fait que d'une toute petite clique d'activistes. Nada, Félix J. et D' de kabal, résolus à prendre d'assaut le verbe pour le tordre, sont alors de tous les coups. Deux ans plus tôt, ils écumaient déjà, en trio à-capella et sous divers noms, tout ce que la capitale comptait de lieux incertains, caves propices et scènes ouvertes avec leurs textes sombres, radicaux, portés par la verve sans concessions qui caractérise alors leurs performances, brutes, et leur promet dès le départ une place toute particulière dans le foisonnement tous azimuts des aventures du slam en français. Sans compter temps ni énergie, ils font leur possible pour animer une scène alternative exigeante et ambitieuse : D' de Kabal organise pendant deux ans les soirées Bouchazoreill' au Trabendo, à Paris, grand rendez-vous des amateurs de poésie de rue, qui offrira un cadre idéal à l'explosion du phénomène, et Félix se jette à corps perdu dans l'édition et ses affres en publiant avec SPOKE Ed. le fleuron de cette scène.

Leur chemin rencontre alors celui de Franco, moitié machines, moitié guitares. Ils le reconnaissent immédiatement à son pantalon. Un premier album voit le jour ( INTERDIT AUX MINEURS - 55/BMG ), qui les emmène en tournée. Spoke Orkestra devient une matrice de travail féconde, de squats en scènes, concerts, interventions, lectures, action, en noir, pas sans humour. Dans les villes où il se produit, le collectif essaime scènes ouvertes et virus de la harangue. Les dates s'enchaînent comme les publications, les pièces de théâtre, les ateliers d'écriture ( notamment en Seine Saint-Denis, où D' et Félix prennent leurs quartiers pour animer rencontres, work-shops et ateliers autour de l'art oratoire en milieu urbain "hostile" - disent les chroniqueurs des émissions de variété... ) et les collaborations avec une galaxie de musiciens solistes, improvisateurs ou sans famille, et d'homologues lyricistes.


Le deuxième album ( SPOKE ORKESTRA N'EXISTE PAS - Basaata Productions / Musicast ) muscle le ton musical et offre quelques textes à l'efficacité totale : "On vit là", "Les gens", "J'accepte". Il entraîne le groupe sur le terrain des festivals, où ses prestations sont de grands moments, entre invective publique, concerts cyber-punk et mitraillage textuel... Le public, souvent bousculé prête une oreille attentive à ce groupe d’agitateurs inlassables... Plus ou moins dégagé de force de la scène, à l'Olympia, à l'occasion d'une première partie de la chanteuse Anaïs, le collectif comprend que la tâche sera difficile et y voit un moteur solide à la continuation du travail !

Nada reprend sa liberté en 2007, il se consacre à la littérature, et le précis Abd El Haq rejoint l'effectif au micro. Beaucoup de concerts, beaucoup de travail, et la nouvelle clique est opérationnelle. Des soutiens précieux, des rencontres improbables, des moments incontrôlables, des crises de rire, des amitiés solides et des travaux autour de toute forme possible pour une expérimentation poétique in situ. Les textes du collectif parlent de faits-divers, d'histoires extraordinaires, de la banlieue parisienne ou des mégalopoles en général ; ils parlent de la vie post-tout, en ne mettant pas de côté ce qu'elle a de scabreuse. ni de glorieuse ( mais c'est plus rare ).

Spoke Orkestra pratique une forme d'autogestion, comme on le dit dans la musique et en Euzkadi, qui lui permet de vivre à l'abris
( relatif ) des vivicitudes du monde moderne. Après une pause scénique de deux années, qui ont vu chacun des membres du collectif vaquer à ses travaux personnels, ils reviennent avec un troisième album. Un double.